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pour ou contre euthanasie?

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pour ou contre euthanasie?
pour ou contre euthanasie? >> 10389 consultations10389 consultations :: 23 Réponses Sujet posté par ju91rnb le 13 Jan 2003 15:20

article qui datte mais qui est toujours d'actualité :

Euthanasie : le décalage entre l&#8217;opinion et la législation




19 novembre 1999 - Dans la plupart des pays développés, l'opinion publique se prononce en faveur de l'euthanasie. Pourtant, l'attitude vis-à-vis de cette douloureuse question n'est presque jamais relayée par la législation. Canal Ipsos dresse un panorama de la situation actuelle


Euthanasie : de eu- "bien" et thanathos "mort" ; "Mort douce et sans souffrances", d'après le petit Robert. Cette définition lapidaire porte en elle les termes du débat, la complexité de la problématique. Peut-il y avoir mort sans souffrances ? La souffrance des proches doit-elle être prise en compte ? Quand est-il des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer ; isolées dans leur monde, n'est-ce plutôt pour la famille et les proches que la situation est unilatéralement insupportable ?

Dans ce lourd débat, l'opinion publique semble aujourd'hui avoir tranché. En France, comme dans la plupart des pays développés, les enquêtes d'opinion montrent qu'une nette majorité se dégage en faveur de l'euthanasie. Selon une étude Ipsos réalisée pour La Marche du Siècle et Le Figaro en septembre 1998 (1), 79% des personnes interrogées (contre seulement 57% en 1988) ont déclaré qu'elles demanderaient qu'on les aide à mourir si elles étaient atteintes d'une "maladie incurable" et en proie à des "souffrances extrêmes". A peine une personne sur dix refuse d'envisager l'euthanasie pour elle même (9% de "sans opinion"). En outre, et en dépit des positions de l'Eglise catholique, la pratique religieuse n'atténue que partiellement cette opinion majoritaire, puisque deux tiers des catholiques pratiquants déclarent également qu'ils demanderaient qu'on les aide à mourir.

Les résultats d'autres enquêtes d'opinions réalisées en France vont tous dans le même sens : 85% des personnes interrogées par la Sofres pour la Sélection du Reader's Digest (2) estiment "qu'il faut laisser aux personnes très malades la possibilité de mourir si elles le désirent". Les Français sont à peine plus partagés lorsqu'il s'agit de se prononcer sur le cas d&#8217;un proche confronté à la même situation désespérée. Selon l'étude Ipsos de septembre 1998, 61% des personnes se déclarent prêtes à l'aider à mourir.Compte tenu de la réticence à provoquer ou à anticiper la mort d'un tiers, le fait que plus de six personnes sur dix pensent être capable de "décider d'aider un proche à mourir" est particulièrement significatif de l&#8217;attitude de l'opinion publique française sur la question de l'euthanasie.

Outre-Atlantique, l'opinion publique est apparemment plus partagée sur cette douloureuse question. Le terme "euthanasie" est peu usité aux Etats-Unis, où l'on parle plus volontiers de "suicide assisté" ("assisted suicide"). Selon l'étude Fox News/Opinion Dynamics Poll (3), 45% des personnes interrogées se déclarent favorables au "suicide assisté par un médecin", alors que 46% y sont opposées. Quatre Américains sur dix "aideraient un membre de sa famille, en phase terminale de maladie, à mourir s'il en exprimait le désir", mais 46% refuseraient et 14% ne sont pas certains de ce qu'ils feraient. Une autre enquête de l'institut Gallup (4) indique quant à elle que 40% des Américains "envisageraient le suicide s'ils étaient en proie à de graves souffrances dues à une maladie incurable", alors que 51% déclarent qu'ils ne l'envisageraient pas.

Pour autant, la comparaison des enquêtes en France et aux Etats-Unis est délicate. La simple présence du mot "suicide" dans la question influence incontestablement les réponses. En juillet 1997, l'institut Louis Harris (5) demandait aux sondés s'ils estimaient que "la loi devait permettre aux médecins de réaliser le v&#339;u de mourants désespérés de mettre fin à leurs jours". Sept personnes sur dix ont répondu par l'affirmative, 27% étaient opposés à une telle loi. Deux mois après, l'institut Princeton (6) reprenait la même question en remplaçant l'expression "mettre fin à leurs jours", par le verbe "se suicider". L'approbation à cette nouvelle question a diminué à 45%, le désaccord augmentant à 44%. Il y a ainsi fort à parier que, dans les mêmes circonstances, les Français seraient nettement moins favorables au cru "suicide" qu'à une plus euphémique "aide à mourir".

Dans les faits, l'euthanasie peut recouvrir plusieurs formes :

l'euthanasie active, c'est-à-dire l'administration délibérée de substances léthales dans l'intention de provoquer la mort, à la demande du malade qui désire mourir, ou sans son consentement, sur décision d'un proche ou du corps médical ;
l'aide au suicide, où le patient accomplit lui-même l'acte mortel, guidé par un tiers qui lui a auparavant fourni les renseignements et/ou les moyens nécessaires pour se donner la mort ;
l'euthanasie indirecte, c'est à dire l'administration d'antalgiques dont la conséquence seconde et non recherchée est la mort ;
l'euthanasie passive, c'est à dire le refus ou l'arrêt d'un traitement nécessaire au maintien de la vie.
Le débat législatif se pose actuellement dans tous les pays développés. Le Danemark a légalisé l'euthanasie passive et l'euthanasie indirecte pour les malades en phase terminale. Aux Pays-Bas, un projet de loi a été déposé pour autoriser la pratique de l'euthanasie active pour les adultes, mais également pour les enfants à partir de&#8230; 12 ans, et ce avec ou sans accord parental. Aux Etats-Unis, plusieurs enquêtes tentent de cerner l'avis de l'opinion sur le suicide médicalement assisté, déjà légal dans l'Etat de l'Oregon depuis 1994. Selon l'étude de l'institut Gallup (4), 61% des Américains estiment que la loi doit permettre aux médecins d'aider les malades à mourir si ces derniers en font la demande. Qui plus est, le soutien à l'idée du suicide assisté n'a cessé de progressé, comme en témoigne la comparaison des réponses à la même question posée par Gallup à cinquante ans d'intervalle. En 1996, 69% des sondés (7) pensaient que "la loi devait protéger les médecins qui accédaient à la demande de mettre fin aux jours d'un patient incurable, que cette demande émane du malade lui-même ou de sa famille" (contre 37% d'avis contraire). La même question posée en 1947 ( ne recueillait que 37% d'approbation, soit 32 points de moins. Une autre étude réalisée en 1997 pour Newsweek (9) montre que le soutien au suicide médicalement assisté progresse sensiblement suivant le niveau d'étude des répondants.

L'opinion publique est d'autant plus mobilisée que le thème de l'euthanasie fait souvent la une des faits divers. Aux Etats-Unis toujours, le docteur Kevorkian est célèbre pour avoir, à 130 reprises, aidé ses patients à mourir. Celui que la presse a surnommé "le docteur de la mort" a même fabriqué une "machine à suicide" pour les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer, qui n'avaient qu'à appuyer sur un bouton pour s'injecter une dose létale dans le corps. En 1998, il a Filmé la mort d'un de ses patients pour CBS. Plusieurs fois poursuivi pour meurtre, il a toujours été acquitté par le jury jusqu'en avril 1999, où cette fois il a été déclaré coupable de meurtre par le jury et incarcéré en attente de sa condamnation. Il risque une peine de 10 à 25 ans de prison.

Le sondage Gallup/CNN/USA Today (10) témoigne de la difficulté éprouvée par l'opinion publique américaine à statuer sur un tel cas : 44% ont certes approuvé la décision du jury, mais 46% ont estimé, au contraire, que c'était une mauvaise décision. Cette histoire "made in USA" n'est peut-être pas si éloignée de ce qui se passe en France ou, par exemple, Christine Malèvre, une infirmière de l'hôpital de Mantes-la-Jolie, a avoué avoir commis plusieurs actes d'euthanasie. Si de tels cas d'euthanasie active restent exceptionnels dans notre pays, l'euthanasie passive est en revanche pratique courante, selon Edouard Ferrand, médecin au service de réanimation du CHU de Poitiers : "Dans ces services, où la majorité des malades d'un hôpital décèdent, un patient sur deux meurt après décision de limitation ou d'arrêt thérapeuthique". Ce type de décision, prise lorsque les médecins estiment qu'il n'y a plus rien à faire et que le malade, inconscient, ne pourra plus se réveiller, témoigne du décalage entre la pratique et la juridiction. L'Assemblée Nationale, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat à la Santé, a organisé plusieurs séances de travail pour tenter de sortir de cette clandestinité.

Le vide juridique est en partie lié au problème de la prise de décision d'un tel acte. Selon l'étude Ipsos (1), les Français pensent majoritairement que c'est en premier lieu à la famille du mourant de décider s'il faut ou non pratiquer l'euthanasie si le malade n'est plus en état de se prononcer (46%), tandis qu'un quart des sondés estime que c'est plutôt aux médecins soignant le malade de prendre une telle décision. Mais le rôle que les Français veulent faire jouer à la famille est critiqué par une partie du corps médical. Bernard Debré, chef du service d'urologie de l'hôpital Cochin, ancien ministre et ancien membre du comité consultatif d'éthique dresse dans Libération (*) un vif et très argumenté plaidoyer contre l'euthanasie active : "Notre société est hypocrite et lâche (&#8230;) Nous ne tolérons plus ni la mort ni la déchéance de nos amis, de nos parents. Ils sont trop près ; alors, nous réclamons le droit à l'euthanasie." Et pourtant, les Français ne sont plus très nombreux à défendre l'interdiction de l'euthanasie (11% selon l'étude Ipsos). Un tiers pense qu'il faut légaliser l'euthanasie, et 48% estiment qu'il faut en dépénaliser la pratique, à l'instar de la législation hollandaise.

L'alternative à la légalisation de l'euthanasie active pourrait peut-être venir en France du développement des soins palliatifs, "soins actifs dont l'objectif est de soulager les douleurs physiques et de prendre en compte la souffrance psychologique" explique Martine Rusznewski, psychanalyste à la Pitié-Salpêtrière. L'excellent accueil qu'a réservé en février 1999 par la commission du Sénat au très complet rapport d'information sur les soins palliatifs et l'accompagnement, réalisé par Lucien Neuwirth(**), laisse espérer que des fonds seront débloqués pour la construction de structures spécialisées d'accueil et d'aide aux malades en phase terminale. Des décisions devront de toute manière être prises rapidement par les pouvoirs publics, tant l'attente de l'opinion en la matière est grande. Aux Etats-Unis, quatre personnes sur dix ont déclaré avoir eu l'expérience de la mort d'un proche en phase terminale de grave maladie (enquête de la National Hospice Organization) (11). En France, une vaste étude Ipsos/Seniors Association(12) a montré que plus de la moitié des 50-75 ans craignait avec le vieillissement d'être "handicapé physiquement", plus du tiers avait particulièrement peur de l'évolution de son "état de santé" ou de "dépendre de ses proches au quotidien". Qu'adviendrait-il de ses craintes en cas de légalisation de l'euthanasie active, comme semble le demander l'opinion publique ? Pousseraient-elles les personnes âgées vers une ultime ballade de Narayama ? Les progrès d&#8217;une médecine qui ne cesse de prolonger le crépuscule de la vie posent de redoutables problèmes éthiques et juridiques. La grande vieillesse - l&#8217;opinion en est bien consciente - n&#8217;est pas uniquement un problème économique, de retraite ou de fonds de pension.

(1) Enquête Ipsos/Le Figaro/La marche du siècle. 965 personnes interrogées les 4 et 5 septembre 1998
(2) Enquête Sofres/Sélection du Reader's Digest. 1000 personnes interrogées du 12 au 14 juin 90
(3) Enquête Opinion Dynamic Polls/Fox News. 900 personnes interrogées les 3 et 4 novembre 99
(4) Enquête Gallup. 1025 personnes interrogées du 12 au 14 mars 1999.
(5) Enquête Louis Harris and Associates. Juillet 1997
(6) Enquête Princeton Survey/Kaiser/Harvard University. Septembre 1997
(7) Enquête Gallup Organization, 1008 personnes interrogées du 26 au 28 juillet 1996
( Enquête Gallup Organization, 1500 personnes interrogées du 6 au 11 juin 1947
(9) Enquête Princeton Survey Research Associates/Newsweek. 753 personnes interrogées les 9 et 10 janvier 1997
(10)Enquête Gallup/CNN/USA Today. 1055 personnes interrogées les 6 et 7 avril 1999.
(11)Enquête Gallup/National Hospice Organization. 1007 personnes interrogées du 9 août au 4 septembre 1996
(12)Enquête Ipsos/Seniors Association. 900 personnes de 50à75 ans interrogées du 2' juillet au 7 août 1999


Philippe Hubert philippe.hubert@ipsos.com

pour moi tant qu'il ya de la vie y a del'espoir ... il faut finir en profitant au max de la vie..

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