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Qu'en pensez-vous ? >> 7330 consultations7330 consultations :: 7 Réponses Sujet posté par MISS-AUDREY le 08 Mar 2003 13:50

ARTICLE DE TF1

Un collectif de femmes de banlieue prépare, à l'occasion de la journée de la femme, un manifeste dans lequel elles témoignent des difficultés de leur vie dans les quartiers. Il sera adressé aux candidats à l'élection présidentielle.

Elles se décrivent comme "ni putes, ni soumises, simplement des femmes qui veulent vivre leur liberté et apporter leur désir de justice". Elles résument leur vie en banlieue en énumérant leurs oppressions : "la marginalisation économique et les discriminations, la tradition, la religion, le sexisme omniprésent, la violence verbale et physique, la sexualité interdite, le viol modernisé en tournantes, le mariage forcé et la fratrie en gardien".

Elles, ce sont des femmes de tous âges vivant dans des quartiers difficiles, qui vont adresser ce vendredi, journée internationale de la femme, un manifeste aux candidats à l'élection présidentielle.

Leur but ? Que l'on arrête, comme les "pouvoirs publics, les médias et les partis politiques", de ne voir et de ne parler de la banlieue "qu'au masculin". Leur manifeste est assorti de propositions diverses : elles demandent des structures à même d'aider les femmes victimes de violences ou contraintes au mariage à l'étranger, plus de crèches, une meilleure reconnaissance des Associations de femmes de quartier&#8230;

A travers leur bataille, les femmes veulent se battre pour l'ensemble de la banlieue. "Pas question de stigmatiser nos pères et nos frères: c'est l'accumulation des handicaps qui créent les ghettos", explique ainsi Fadela Arma, présidente de la Fédération nationale des Maisons des potes depuis décembre 2000. La vie des quartiers "ne pourra évoluer sans que nous, les femmes, y retrouvions toute notre place et toute notre dignité", dit leur manifeste. Et cela ne pourra se faire qu'avec "l'intégration des valeurs républicaines", ajoute-t-elle.

ARTICLE DU NOUVEL OBSERVATEUR

Le cri des femmes des cités

«Ni putes ni soumises»...

Le 8 mars, Journée internationale des Femmes, elles rendront public un manifestedans lequel elles dénoncent l&#8217;oppression qu&#8217;elles subissent dans les quartiers.Pour lutter contre le machisme ordinaire, les violences répétées et l&#8217;indifférence des pouvoirs publics, elles veulent lancer un mouvement féministe dans les banlieues

C&#8217;est une jeune fille voilée, qui chaque matin se transforme en pin-up dans les toilettes du lycée. Une autre qui cache ses bras tuméfiés pour ne pas avoir à dénoncer son frère. C&#8217;est une petite aux yeux tristes qui annonce subitement qu&#8217;elle va se marier. Une gamine prostrée parce que son copain a tenté de la partager avec les mecs du quartier. Et une autre qui n&#8217;ose plus sortir de peur de se faire agresser.
Ce sont toujours les mêmes histoires, toujours les mêmes souffrances&#8230; Les 250 militantes, venues de Vitrolles, Roubaix ou Aubervilliers à l&#8217;occasion des Etats généraux des Femmes des Quartiers, ont parlé d&#8217;une seule voix. Réunies le mois dernier à la Sorbonne, à l&#8217;initiative de Fadela Amara, présidente de la Fédération nationale des Maisons des Potes, une association proche de SOS-Racisme, elles ont dressé un tableau amer de la condition des filles dans les cités. A les entendre, la violence, l&#8217;oppression et la domination des hommes n&#8217;auraient pas diminué, au contraire. «Dans les années 80, nous, les grandes s&#339;urs, avions commencé à conquérir un peu de liberté, à faire un premier pas vers l&#8217;égalité, explique Fadela Amara. Tout s&#8217;est peu à peu effondré dans les années 90 avec le chômage de masse, la montée du fondamentalisme et du repli communautaire. Et au bout du compte, ce sont les filles qui trinquent.» Ensemble, elles publient aujourd&#8217;hui un manifeste intitulé «Ni putes ni soumises». Leurs mots sont durs mais justes. Elles veulent ainsi, en pleine campagne électorale, sensibiliser l&#8217;opinion et les politiques pour obtenir des mesures concrètes (voir encadré). Elles espèrent surtout «ouvrir les yeux de milliers de filles» et créer un mouvement féministe des banlieues. «Il faut reprendre confiance pour pouvoir tendre la main aux garçons. Car ils ne s&#8217;en sortiront pas sans nous.» Jusqu&#8217;ici personne ne s&#8217;intéressait aux filles. Les pouvoirs publics se contentaient de vanter leur mérite. Les féministes, largement indifférentes au sort des popu-lations immigrées, les laissaient se démener. «Aujourd&#8217;hui encore, elles sont très gauche caviar, note Loubna Méliane, 22 ans, signataire du manifeste. Regardez! Les Chiennes de Garde se mobilisent pour défendre les femmes refoulées à l&#8217;entrée du Fouquet&#8217;s, mais les meufs des cités, elles s&#8217;en foutent.» Les militantes ont souvent créé des Associations de femmes, groupes de Paroles, ateliers couture ou cuisine, sans jamais oser aller plus loin. Pouvaient-elles briser les tabous sans alimenter le racisme? Parler de leurs souffrances sans stigmatiser leurs hommes, père, frères, cousins, copains? Non, il fallait d&#8217;abord préserver la communauté et lutter ensemble pour changer la vie. «Ces femmes ont toujours eu toutes les bonnes raisons de se taire, résume la sociologue Nacira Guénif Souilamas (1). Aujourd&#8217;hui, elles prennent enfin la parole. Ce mouvement marque la naissance d&#8217;un féminisme plus concret et la ruine des mouvements des jeunes issus de l&#8217;immigration.»
La bataille est loin d&#8217;être gagnée. Car les filles d&#8217;aujourd&#8217;hui semblent plus résignées que révoltées. Elles qui considèrent les féministes comme des «mal-baisées» ou des «folles qui veulent enfermer les mecs à la maison» ignorent le combat de leurs aînées. Elles n&#8217;ont pour la plupart ni l&#8217;idée ni l&#8217;envie de lutter. Et d&#8217;ailleurs, qu&#8217;ont-elles à revendiquer? «Rien de plus que les garçons. On doit se battre comme eux, pour prouver qu&#8217;on n&#8217;est pas des racailles», assurent Lydia et Sadia, deux adolescentes de la Grande Borne. «Et puis on a les mêmes problèmes que toutes les femmes. » Les mêmes problèmes&#8230; ou presque, car «les mecs d&#8217;ici sont restés bloqués au Moyen Age», finissent-elles par avouer. «Rien à faire. C&#8217;est culturel!» Les familles d&#8217;origine étrangère, qui se sont retrouvées dans les barres HLM, ont perpétué les traditions pour ne pas perdre leur identité. «On vit à Grigny comme en Algérie», reconnaît une mère, venue d&#8217;Oran il y a vingt ans. «On vit sous l&#8217;&#339;il de la communauté.» Les filles sont garantes de l&#8217;honneur de la famille. Elles doivent d&#8217;abord réussir leurs études et rester sages. A les écouter, rien n&#8217;a vraiment changé. «Ecole-maison, c&#8217;est ça, ma vie», soupire une petite brune noyée dans un jogging Nike. «Je dois faire la bouffe et le ménage tandis que mes frères se la coulent douce devant la télé.» Dans ces familles, on ne parle jamais d&#8217;amour ni de sexualité. Mais la Culture du drap blanc se transmet à chaque génération. «Quand je sortais, ma mère me glissait en arabe: "Attention à ton sexe! "», raconte Malika. L&#8217;étudiante des Tarterêts s&#8217;est mariée en juin. Et a montré à sa belle-famille le linge taché de sang. «Vous auriez vu comme les parents étaient fiers!»
Les frères eux aussi surveillent les filles. Petits rois adoubés dès la naissance par le père et chéris par la mère, ils font leur loi. Gare aux s&#339;urs qui fument, portent des jeans moulants et traînent trop longtemps à la sortie du collège. Celles-là, ils sauront les mater comme ils matent, parfois, les autres filles de la cité. «Le machisme est en pleine recrudescence», confirme Malek Boutih, président de SOS-Racisme. «Beaucoup de garçons se sentent mal, ils n&#8217;ont pas de boulot, se font jeter des Discothèques et ont énormément de mal à draguer. Ils cumulent misère sociale et sexuelle et reportent leur frustration sur les femmes.» Pour eux, il y a les filles respectables, leurs s&#339;urs, celles des copains qui n&#8217;ont aucun droit. Et les autres, les salopes, les «tassepé», «bonnes à déchirer». «Ils utilisent la religion à leur convenance», s&#8217;indigne Sali, une grande costaude d&#8217;origine malienne. «Eux peuvent boire, fumer, baiser, et nous, ils nous empêchent de vivre.» Toutes les ados le disent: mieux vaut éviter de vivre un amour dans la cité. Car ici les rumeurs courent vite, les réputations aussi. Et le plus doux des garçons se transforme en brute dès qu&#8217;il est en bande. Laetitia, 17 ans, est sortie avec un de ses voisins: «Il a raconté les pires saloperies. Après, ses potes venaient me demander de les sucer.» La Marseillaise dit qu&#8217;elle a de la chance. Des tas d&#8217;histoires affreuses circulent dans son quartier. Comme celle de cette fille qui s&#8217;est retrouvée avec du verre pilé au fond du vagin parce qu&#8217;elle avait quitté son petit copain. Alors, certaines adolescentes renoncent, pour l&#8217;instant, à leur féminité. Sali ne porte plus de jupe: «Dans l&#8217;esprit des mecs, si tu t&#8217;habilles en meuf, c&#8217;est que tu veux coucher.» Nadia a compris qu&#8217;il «fallait éviter d&#8217;attirer le regard des hommes». Les petits caïds finiront bien par se calmer. Eux aussi, un jour, se marieront, peut-être même avec une femme du bled, comme font actuellement de nombreux grands frères. En attendant, la plupart des filles les fuient. Elles restent entre elles, le plus souvent à la maison. Les éducateurs avouent qu&#8217;ils ont de plus en plus de difficultés à proposer des activités mixtes. Combien de fois ont-ils vu des parents désinscrire leur fille d&#8217;un Séjour organisé avec des garçons. Diagnostic de Sabah, 17 ans, lycéenne à Vitrolles: «Tout ça, c&#8217;est la faute à l&#8217;ancienne génération!»
Responsables, les parents? Et ces mères qui reproduisent avec leurs filles les injustices qu&#8217;elles-mêmes ont subies? Elles aussi sont bien souvent des victimes. Déracinées, perdues dans une société qui les ignore, elles se raccrochent au passé. Parmi elles, Zara, une Marocaine de 45 ans au regard tendre, rencontrée dans un cours de couture à Gennevilliers. Voilà sa seule sortie de la semaine, avec les courses et les thés à la menthe chez les copines l&#8217;après-midi. Après vingt-trois ans en banlieue parisienne, Zara ne parle quasiment pas le français. Pourquoi? D&#8217;un geste elle fait mine de bercer un enfant, elle en a eu cinq, qui l&#8217;ont totalement accaparée. Sa fille aînée, qui prépare le bac, se mariera bientôt. Et la petite découvrira les mystères de la vie conjugale le jour des noces, comme sa mère. «Il faut nous comprendre. C&#8217;est dur d&#8217;apprendre aux enfants ce que l&#8217;on ne connaît pas soi-même, dit Malika, une Algérienne mariée à 14 ans. Quand je demandais aux garçons de m&#8217;aider, mon mari me reprochait de vouloir en faire des filles.» Toutes les mères n&#8217;ont pas ces excuses. «Des femmes élevées au biberon républicain continuent d&#8217;arranger des mariages pour leurs gamines, indique Djida Tazdaït, grande figure lyonnaise du mouvement des beurs. Celles-là n&#8217;ont pas trouvé de place dans la société française. Elle n&#8217;ont pas été reconnues et sont revenues, du coup, à la tradition.»
Soumises aux pères, aux frères, aux garçons, à la communauté, les filles des quartiers se débrouillent comme elles peuvent. Certaines se réfugient sagement dans les études, en attendant de prendre leur destin en main. La plupart se bricolent un peu de liberté. Elles se maquillent en douce, négocient une bonne note contre un Cinéma, inventent une séance de travail pour voir leur petit copain&#8230; Encore faut-il pouvoir trouver le bon équilibre. Soraya Mekdad, responsable de l&#8217;Association Des Femmes et des Sens, à Pertuis, recueille de nombreuses adolescentes à la dérive. «Ces petites vivent dans la schizophrénie. A un moment, elles dérapent et goûtent à tous les interdits: drogue, sexe, alcool&#8230;» D&#8217;autres au contraire s&#8217;endurcissent, et calquent leurs manières, leur vocabulaire sur ceux des garçons. Elles sont prêtes à tout, même à faire avec eux la «chasse aux salopes» pour se faire accepter. Il y a enfin celles, nombreuses, qui se réfugient dans la religion «comme si c&#8217;était pour elles le seul moyen de s&#8217;en sortir», note Mimouna Hadjam de l&#8217;Association Afrika à La Courneuve. Elles veulent se marier, jeunes et vierges: «Un peu de pureté dans ce monde de brute.» C&#8217;est le cas de Souad, qui, à 20 ans, a épousé un cousin éloigné. Pas vraiment amoureuse du gaillard, employé dans un bar à Pigalle, elle s&#8217;est quand même lancée, pour faire plaisir à sa famille. «Et puis, à force de s&#8217;entendre répéter que dans le mariage tout est beau et rose, on y croit.» Souad a vite déchanté. Dès le lendemain des noces, le cousin l&#8217;enfermait au domicile conjugal. Et la réveillait en pleine nuit, ivre mort. Après un mois et demi de pleurs et 10kilos perdus, la jeune mariée demandait le divorce.
Comme Sali la Malienne, Lydia et Laetitia, les filles de la Grande Borne, Souad se dit aujourd&#8217;hui prête à signer le manifeste. Tant pis si les copines les traitent d&#8217;hystériques, et les garçons de «mal-baisées». Tant pis si elles ne sont pas encore de vraies «femmes libérées». L&#8217;important, c&#8217;est de leur dire enfin à tous: elles ne sont «ni putes ni soumises».

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