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Posté le: 07 Aoû 2002 10:44 Sujet du message: Les convoyeurs entre deux feux |
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Les convoyeurs entre deux feux
A la suite d'un braquage, la Brink's a licencié trois de ses salariés pour faute grave.
Par Jacky DURAND
mardi 06 août 2002
«Vivants après un braquage, nous sommes soit des incompétents, soit des voyous. Morts, nous devenons des héros. C'est, ça notre choix ?» Un salarié de la Brink's e répit aura été de courte durée pour les con voyeurs de fonds : quinze jours à peine après la table ronde ministérielle visant à renforcer leur sécurité, la profession est à nouveau sur la sellette avec la décision de la Brink's de licencier trois de ses salariés pour faute grave lors d'un braquage intervenu il y a deux mois. «A cas extrême, décision extrême», explique Eric Ehrsam, directeur de la communication, pour justifier une procédure jugée «disproportionnée» par l'ensemble des syndicats.
Les faits remontent au 30 mai. Un fourgon blindé, qui sort du dépôt de la Brink's à Saint-Aquilin-de-Pacy (Eure) et se dirige vers la succursale de la Banque de France d'Evreux, est intercepté sur la nationale 13 par au moins six malfaiteurs répartis dans trois véhicules. Il est dirigé vers une zone de sous-bois. Là, les braqueurs munis d'armes de guerre dont un lance-roquettes transfèrent les colis contenant 2 millions d'euros avant de s'enfuir. Aucun coup de feu n'a été tiré, comme le soulignera, le lendemain, le procureur d'Evreux, Jean Berkani : «La façon dont s'est déroulée cette attaque révèle un grand professionnalisme de la part de ceux qui s'y sont prêtés. Le timing et la façon dont les armes ont été utilisées, sans qu'aucune violence ne soit exercée, révèlent une maîtrise et un sang-froid qui sont de nature à laisser penser qu'il s'agit de gens particulièrement expérimentés, des malfaiteurs chevronnés.» C'est presque un compliment comparé aux griefs pesant sur les convoyeurs, à qui la Brink's reproche de n'avoir rien fait. Sans parler des soupçons instillés par les propos du procureur : «Aucune piste ne peut être exclue a priori. Les malfaiteurs disposaient d'éléments de connaissance dans le fonctionnement même de l'entreprise chargée du convoyage de fonds.»
Enquêtes. Comme c'est l'usage à la Brink's, le service sécurité maison (qui compte pas mal d'anciens policiers) a mené une enquête, tandis que le SRPJ de Rouen poursuivait ses investigations avec le concours de l'Office central de répression du banditisme (OCRB). «Mais le mot "complicité" a été écarté, tant par les policiers que par nous», affirme Eric Ehrsam.
Reste cette «accumulation de laxisme», dont la Brink's accuse ses convoyeurs. L'entreprise leur reproche surtout de ne pas avoir appuyé sur le bouton d'alerte du GPS du fourgon, qui permet à la police de localiser le véhicule en cas d'attaque. «Les conditions de l'attaque nous ont paru éminemment suspectes. Aucune des procédures habituelles ne semblait avoir été respectée, rappelait dimanche Eric Ehrsam à l'AFP. Comment ont-ils pu suivre des bandits au fond des bois pour se faire tout dépouiller ? Ils ont donné l'impression de rester les bras ballants.»
Face aux questions à charge de la direction de la Brink's, un salarié oppose une tout autre interrogation : «Vivants après un braquage, nous sommes soit des incompétents, soit des voyous. Morts, nous devenons des héros. C'est ça notre choix ?» L'équipage engagé à Saint-Aquilin-de-Pacy était notamment composé d'un moniteur de tir et d'un formateur en messagers (celui qui transporte l'argent, ndlr). Preuve, selon un élu du personnel, qu'«il n'y a pas d'ancienneté ou d'expérience qui tiennent quand tu te retrouves face à un lance-roquettes».
Prud'hommes. Dans la profession, on a encore en mémoire l'usage de cette arme lors d'un braquage à Marseille dans les années 80 : «La roquette est entrée par le coffre arrière. Le fourgon est parti en l'air. Trois morts. Tout a fondu. Les sacs de pièces de monnaie ont été soudés au châssis du camion», rappelle Patrick Noskowickz, délégué CFDT-Brink's. «Alors, que peut notre revolver Smith & Wesson face à un bazooka ?» Selon Eric Ehrsam : «Les trois convoyeurs n'ont pas été licenciés parce qu'on leur reprocherait de ne pas avoir utilisé leurs armes. Cela n'a jamais été un critère professionnel. On ne leur demande jamais de risquer leur vie.»
Pourtant, la décision de la Brink's risque de créer «un environnement psychologique difficile» pour ses salariés, selon Gérard Apruzzese (Force ouvrière) : «En cas d'attaque, il faudra désormais se demander si on ne risque pas d'être licencié.» Son syndicat et la CFDT soutiendront les trois con voyeurs de fonds devant le conseil des prud'hommes. De son côté, la CFTC a écrit au directeur général de la Brink's pour lui demander d'annuler les licenciements et de revoir sa «politique sécuritaire»
ouas les salauds il risque leur vie et leur travail je comprend pas que l'on puis ce vouloir faire ce metier enfin avoir la motivation...
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